“
L’Air de l’Aube est différent,
plus léger, plus transparent,
neuf et objet rare,
il dissipe le brouillard.L’Air de la Nuit apprend,
c’est un gaz hilarant,
masques et bougeoirs,
territoire du jaguar.L’Air du Large est tranchant,
accrocheur, séduisant,
il offre une balançoire
à mes espoirs.
”
Archives de catégorie : Emotion
Indécise
“
Lumière tremblante et indécise,
dans un local de fils suspendus,
photographies soumises
à une poutre vermoulue,
on la voit assise,
alors qu’elle est tendue
et conquise
par les vantardises
du premier venu.
”
Recharge
Tweed
“
T riste tissu taché
W este verte évasée
E ponge, épais, épis
E mpêchant le pli et le pan
D e se doter d’un dentier.
”
Moque
“
L’époque nous claque,
un super-doc,
une attaque électro-choc,
un film maniaque,
sur l’anecdote
d’un Rastignac cinoque,
qui se moque…
de nos actes.
”
Futur
“
Le futur est construction & fantasme,
le passé, un tissu de mensonges recuit,
seul le présent dit vrai.
”
De l’air
Le Désordre
“
Ranger les journaux, déplacer les meubles,
déchirer les photos, aligner les feuilles,
nettoyer les couteaux, un tapis sur le seuil,
briquer le lavabo, un dernier coup d’œil,
vérifier la météo, m’asseoir dans le fauteuil.
Elle a mis le désordre dans mon intérieur,
le désordre dans mon intérieur.
”
I Wanne Be Your
“
Elle sait, elle sait,
m’élever ou m’abaisser
quand il le faut,
me plier, me prendre
en défaut.Je sais, je sais,
obéir ou rugir
sortir les crocs,
lécher la main,
faire le beau.
”
Evier
“
Quand tu vois le fond de l’évier,
c’est que tu n’as pas supporté,
la prune, la poire ou l’apnée
de ton voisin de palier.
”
Angles
“
Casser les angles,
avant de s’y cogner,
arrondir les bordures,
gratter, poncer.Glisser la sangle,
nettoyer aspérités,
rougir les soudures,
cacher ma volonté.
”
Manque d’Espace
“
Une expédition vers une exoplanète devrait compter au moins 20 000 personnes…
”
“
Ondulant lentement de ses longs bras, la pieuvre danse un hypnotisant ballet. Soudain, elle s’ouvre, huit rayons s’écartent brusquement autour d’une face qui a deux yeux ; ces rayons vivent ; il y a du flamboiement dans leur ondoiement ; c’est une sorte de roue…Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer
”
Vole
“
Je sème, je veux, je vole.
”
Cannibalisme
“
Le cannibalisme est une forme de tendresse exacerbée.
”
“
La passion est sourde et muette de naissance.Honoré de Balzac
”
Le Zoo Intérieur
“
Je me sens comme le gardien de ma propre cage,
une bête sauvage,
à l’intérieur,
zone de combat et de heurts.Un lac bouillonnant ou je surnage,
anthropophage,
crache la vapeur,
au confins de la peur.Je m’accroche au dernier grillage,
le zoophage,
ce ripailleur,
apprécie le cuit-vapeur.
”
Araignée au plafond
“
Araignée au plafond,
comment est-elle arrivée là ?
Siphonne le siphon jolie toile,
invitée à grimper
à l’échelle
de ma boîte crânienne .
”
Capitale de l’ennui
“
Chateauroux:
Taux de suicide dans cette ville au nom si doux ?
”
Maison Vide
“
Dans la maison vide,
le silence impavide
remplie l’espace.
Les Murs saignés de rides
accroche un éphéméride
illustré d’un rapace.
Une odeur fétide,
non éclaircie, homicide
et tiédasse.
Le sol invisible, oxyde
les traces morbides,
jonché de paperasse.
”
Castells
“
Castells, Lego humain,
empilement de fragilités
qui veulent toucher le ciel,
les racines portent les familles,
la soudure solidaire se transforme
en métal indestructible,
l’édifice est une maison
accueillant une voix
pionnière d’une escalade
qui aspire.
”
12h14
“
12h14 !
pas avant, pas après,
exactement, à cette heure, à cet arrêt,
à cet instant précis, au présent, sans délai.
”
Maté
“
Con quien bolear ?
délicieux caviar,
d’une main désignant
la feuille couvrant
le chemin sacré des Incas,
maté de coca.
Liquide fluorescent,
apaisant les sens,
regard aussi doux
que celui d’un Tatou.
Con quien bolear ?
délicieux caviar.
”
Arrêt cardiaque
“
Disparaître du jour au lendemain,
emporté par une crise cardiaque,
ne pas résister, écouter son cœur
s’en remettre à son destin.
Partir, lâcher à mi-chemin,
par surprise, succomber à l’attaque
faire mentir le bookmaker,
abandonner le réveil-matin.
”
Théâtre
“
Super directrice du théâtre,
tu m’as poussé à quitter la scène,
moi, ballon en manque d’hydrogène,
je suis devenu bleuâtre !J’ai consulté un psychiatre
quand toxiques et vaines,
tes remarques mitogènes
ont achevé de me battre.
”
le Chirurgien
“
Après un rapide examen,
il me tranche, me recoud
comme un vieux sac à main.
Avec précision et sans dégoût,
il coupe le lien,
dans le cuir , il perce, il troue.
Dans ses mains, suis-je humain ?
”
Vincennes
“
Vincennes hors champ,
parieurs Parisiens vociférants,
d’autres l’air confiant,
3 cavaliers au coude à coude.
Des tribunes, surplombant
la piste des « élégants »
se mêlent aux résidents
dans une odeur de junk-food.
La tension en un instant,
craignant le mors aux dents,
suspend son parcours excitant,
avant que la rumeur sourde.
Figeant l’espace-temps,
se muant en boucan,
bousculant, raillant, mixant
l’ironie des faubourgs.
”
La Pravda
“
Ta vérité c’est la Pravda,
tu me racontes ce que tu veux,
ton horizon, ta ligne, ta voix
ne permet aucun désaveu.
Tu affirmes, tu abats
tes cartes et ton jeu,
officier ! Je suis ton soldat,
sans ciller, je fais feu.
”
GPS
“
Surveillance en temps réel,
pour ton bien, je me souviens.
Je sais où tu es, ton parcours habituel,
l’empreinte de tes mains,
ce que tu caches dans ton sac-poubelle,
la date de tes vaccins,
ta gestuelle, ton penchant « rebelle »,
tes dessins et tes refrains
préférés et secrets,
c’est l’anniversaire de quelqu’un,
je te le rappelle
aujourd’hui ou demain.Mouchard glissé dans ma poche,
micro-espion auto-alimenté,
sans résistance, ni reproche,
j’accepte de m’espionner.
”
Absent
“
Absent, évanescent, transparent,
disparaître, non-être ni connaître,
finissant, fuyant et vacillant,
s’évaporer avec vue sur mer,
Oubliez-moi !
”


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