Archives de catégorie : Emotion

En attendant de ne plus être…

L’Air de l’Aube


L’Air de l’Aube est différent,
plus léger, plus transparent,
neuf et objet rare,
il dissipe le brouillard.

L’Air de la Nuit apprend,
c’est un gaz hilarant,
masques et bougeoirs,
territoire du jaguar.

L’Air du Large est tranchant,
accrocheur, séduisant,
il offre une balançoire
à mes espoirs.

Indécise


Lumière tremblante et indécise,
dans un local de fils suspendus,
photographies soumises
à une poutre vermoulue,
on la voit assise,
alors qu’elle est tendue
et conquise
par les vantardises
du premier venu.

Recharge

  ny


Tu n’es plus rien,
sans ta recharge,
regarde tes mains
vides, sans dessein.

Tu cherches une prise,
une page, un lien,
une reprise, une entreprise
ou une église.

Moque


L’époque nous claque,
un super-doc,
une attaque électro-choc,
un film maniaque,
sur l’anecdote
d’un Rastignac cinoque,
qui se moque…
de nos actes.

De l’air

climate justice


C’est d’l’air qu’il nous faut,
pas au ballon, ni au cachot,
de l’air, du pur, du bleu,
du frais, des langues de feu,
souvenir rythmique à deux.

Le Désordre


Ranger les journaux, déplacer les meubles,
déchirer les photos, aligner les feuilles,
nettoyer les couteaux, un tapis sur le seuil,
briquer le lavabo, un dernier coup d’œil,
vérifier la météo, m’asseoir dans le fauteuil.
Elle a mis le désordre dans mon intérieur,
le désordre dans mon intérieur.

I Wanne Be Your


Elle sait, elle sait,
m’élever ou m’abaisser
quand il le faut,
me plier, me prendre
en défaut.

Je sais, je sais,
obéir ou rugir
sortir les crocs,
lécher la main,
faire le beau.

Evier


Quand tu vois le fond de l’évier,
c’est que tu n’as pas supporté,
la prune, la poire ou l’apnée
de ton voisin de palier.

Angles


Casser les angles,
avant de s’y cogner,
arrondir les bordures,
gratter, poncer.

Glisser la sangle,
nettoyer aspérités,
rougir les soudures,
cacher ma volonté.


Ondulant lentement de ses longs bras, la pieuvre danse un hypnotisant ballet. Soudain, elle s’ouvre, huit rayons s’écartent brusquement autour d’une face qui a deux yeux ; ces rayons vivent ; il y a du flamboiement dans leur ondoiement ; c’est une sorte de roue…

Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer

Le Zoo Intérieur


Je me sens comme le gardien de ma propre cage,
une bête sauvage,
à l’intérieur,
zone de combat et de heurts.

Un lac bouillonnant ou je surnage,
anthropophage,
crache la vapeur,
au confins de la peur.

Je m’accroche au dernier grillage,
le zoophage,
ce ripailleur,
apprécie le cuit-vapeur.

Maison Vide


Dans la maison vide,
le silence impavide
remplie l’espace.
Les Murs saignés de rides
accroche un éphéméride
illustré d’un rapace.
Une odeur fétide,
non éclaircie, homicide
et tiédasse.
Le sol invisible, oxyde
les traces morbides,
jonché de paperasse.

Castells


Castells, Lego humain,
empilement de fragilités
qui veulent toucher le ciel,
les racines portent les familles,
la soudure solidaire se transforme
en métal indestructible,
l’édifice est une maison
accueillant une voix
pionnière d’une escalade
qui aspire.

Maté


Con quien bolear ?
délicieux caviar,
d’une main désignant
la feuille couvrant
le chemin sacré des Incas,
maté de coca.
Liquide fluorescent,
apaisant les sens,
regard aussi doux
que celui d’un Tatou.
Con quien bolear ?
délicieux caviar.

Arrêt cardiaque


Disparaître du jour au lendemain,
emporté par une crise cardiaque,
ne pas résister, écouter son cœur
s’en remettre à son destin.
Partir, lâcher à mi-chemin,
par surprise, succomber à l’attaque
faire mentir le bookmaker,
abandonner le réveil-matin.

Théâtre


Super directrice du théâtre,
tu m’as poussé à quitter la scène,
moi, ballon en manque d’hydrogène,
je suis devenu bleuâtre !

J’ai consulté un psychiatre
quand toxiques et vaines,
tes remarques mitogènes
ont achevé de me battre.

le Chirurgien


Après un rapide examen,
il me tranche, me recoud
comme un vieux sac à main.
Avec précision et sans dégoût,
il coupe le lien,
dans le cuir , il perce, il troue.
Dans ses mains, suis-je humain ?

Vincennes


Vincennes hors champ,
parieurs Parisiens vociférants,
d’autres l’air confiant,
3 cavaliers au coude à coude.
Des tribunes, surplombant
la piste des « élégants »
se mêlent aux résidents
dans une odeur de junk-food.
La tension en un instant,
craignant le mors aux dents,
suspend son parcours excitant,
avant que la rumeur sourde.
Figeant l’espace-temps,
se muant en boucan,
bousculant, raillant, mixant
l’ironie des faubourgs.

La Pravda


Ta vérité c’est la Pravda,
tu me racontes ce que tu veux,
ton horizon, ta ligne, ta voix
ne permet aucun désaveu.
Tu affirmes, tu abats
tes cartes et ton jeu,
officier ! Je suis ton soldat,
sans ciller, je fais feu.

GPS


Surveillance en temps réel,
pour ton bien, je me souviens.
Je sais où tu es, ton parcours habituel,
l’empreinte de tes mains,
ce que tu caches dans ton sac-poubelle,
la date de tes vaccins,
ta gestuelle, ton penchant « rebelle »,
tes dessins et tes refrains
préférés et secrets,
c’est l’anniversaire de quelqu’un,
je te le rappelle
aujourd’hui ou demain.

Mouchard glissé dans ma poche,
micro-espion auto-alimenté,
sans résistance, ni reproche,
j’accepte de m’espionner.

Absent


Absent, évanescent, transparent,
disparaître, non-être ni connaître,
finissant, fuyant et vacillant,
s’évaporer avec vue sur mer,
Oubliez-moi !