Archives de catégorie : Emotion

En attendant de ne plus être…

Beige-beige


De sa bouche carmin sur neige,
une petite mouche posée sur lèvre,
s’échappe des mots rouges qui sèchent,
usés jusqu’aux couches vermeilles.

De la souche se répand la sève,
axiome du boucher et de l’étiquette,
crêpe, gouge, lait maternel,
farouche et roquette.

La gravité des sentiments


Plus léger qu’un ballon ou lourd et ancré comme un pylône, quelle est la gravité des sentiments ?
L’amour comme un gaz ou comme un liquide ?
La haine est-elle plus dense que la jalousie ?
Le bonheur est-il solide ?
Taux de diffusion du mensonge ?
L’incertitude est-elle une pluie ?
Peut-on déplacer un morceau de bravoure ?
La fierté peut-elle rebondir ?
Peut-on se noyer dans le découragement ?

Acier


Je voudrais percer ton blindage,
ouvrir ton coffre,
déboulonner ta porte,
déchiffrer ton code,
ton acier, comme un feuillage
touffu, sans offre,
lié par une colle forte,
loin, aux antipodes.

Ses propres maux


Il est difficile, de chanter
ses propres maux,
compliqué, de psalmodier
sa vérité,
osé, se lamenter
du présent, du passé,
exaspérant, de se croire
intéressant, pleurnichant,
creux, avec des yeux
de veau.

Poings


Combien de vieux démons,
ais-je combattu dans mon sommeil ?
A———————-
Assassin sous tension,
poignets tordus jusqu’au réveil.
Grrr——————-
Grincement de dents, sons,
fantôme mis en échec.
M———————-
Mains endoloris, glaçons,
je creuse la tombe, la pelle !
S———————-
Chien de fusil, extensions,
contractions d’un corps sec.

Mélange Onctueux


Le temps et la nuit forment un mélange onctueux.
Alors que le jour, il est compté, fractionné,
concassé en un tas de petites pierres dures,
le temps diurne blesse.
On le perd, on court après, on en manque,
il est l’ombre
et la nuit n’a pas d’ombre.

La nuit d’ennui


Si tu t’ennuies la nuit,
dors, fais le mort !
Prends appui sur ton lit,
use les ressorts,
plie les draps sans schéma,
regarde ce qu’il y a au fond,
loin à l’horizon, au delà
tu trouveras ton wagon.

Gifle


Si c’était possible,
je giflerais les cieux
sans rater ma cible,
abattrais ma main sur le vieux.

Comme un missile,
sans me bander les yeux
sur la bible,
je claquerais ce mafieu.

A-U-Ri


A… Hu… Ri,
surpris au point de paraître idiot,
délicieusement déconnecté,
lent patient atteint d’oreiller.

Récréatif endormi,
sur le point de se coucher tôt,
originellement embrassé
par les jours fériés, sablé.

Le brouillon


Enregistrer le brouillon,
conserver l’écume,
l’inachevé comme option,
la peau ou les plumes.

Ne pas effacer le crayon,
le trait sans amertume,
le dessin d’une saison,
sans espérer la lune.

Le navire sombre


Voiles folles sans direction,
souffle brûlant le pont,
craquements sourds et profonds,
lambeaux d’explosions,
happé comme un glaçon
dans un verre sans fond,
chahuté comme un crayon
par une inspiration sous-tension.

Le navire sombre,
sombre le navire.

Confirmation


De la haine, du ressentiment,
de la morgue et du vent,
du créatif supérieur,
du creux, du semblant,
confirmation, c’est du vison.

Du spiritueux, du cassant,
liquide bleu 100 %,
assis sur un trésor,
vaniteux, obéissant,
confirmation, c’est du vison.

Dans la Peau


Dans la peau du magicien, je me glisse,
pour en ressortir d’un coup, lapin,
foulard, bouquet ou calice,
l’illusionniste me ment chaque matin.

Dans la peau d’un menteur, je me hisse,
haut, bas, saint ou assassin,
vantard vrai ou factice,
l’acteur se surprend sans fin.

J’ai appris


J’ai appris une chose aujourd’hui,
à reconnaitre mon ennemi,
intime et assis,
calme et instruit,
colonisant mon esprit,
sans se départir d’un sourire,
il m’interdit, il m’éconduit,
ravi, sûr de lui,
il agit comme un guide,
un roi, un taxi
dont je paye les services,
cent fois, sans moi,
dominant impudique.

Mon royaume


Seul en mon royaume,
je puise dans mon ego,
brassant une fortune illimitée,
n’ayant pour ennemi que l’écho
de mes pensées, je suis le roi
d’un territoire infini,
abreuvé de sources intarissables,
à l’horizon inatteignable,
qui se réduit à rien
en fin de nuit,
roi déchu.

Tu préfères…


Tu préfères…
Une jolie fleur sans parfum ou une plante sauvage odorante ?

Tu préfères…
Un aller-retour Paris>New-York en classe touriste ou bien un Santa-Cruz>Puerto Suarez en Train ?

Tu préfères…
Poursuivre un rêve prégnant ou stopper un cauchemar habité ?

Reste malade


Reste malade !
À quoi bon guérir ?
Apprécie la ciguë, les sulfamides et l’aspirine,
laisse-toi emporter par le délice opiacé,
corps soigné, objet d’attention,
à quoi bon se rebeller ?
Goûte la pitié, les sourires, l’empathie,
et la blancheur des draps,
abandonne-toi aux mains
expertes et gantées,
apprécie l’aiguille qui perce ton cuir,
sois un bon malade !
À quoi bon guérir ?


Dans cette ville sans nom
que je découvris de nuit,
je commençai par frôler les murs,
je me rendis vite compte
que ses parois affichaient des dents…

Descendant alors du trottoir sur la voie,
en évitant les phares et klaxons agressifs,
le canyon bitumé se transforma en canal,
je remontai de nouveau sur le quai
qui, plus j’avançai, se réduisait
me rapprochant dangereusement des murs,
…jusqu’à me mordre.

Frontières


Le général sur son cheval,
dessine une banale
étendue de sable,
traits inavouables.

Espace impalpable,
limite insondable
et tendue de câbles,
remplie d’obstacles.

Regrets


A tous nos rendez-vous ratés,
nos occasions manquées,
nos amours contrariées.

A tous nos plans foireux,
nos scenarios hasardeux,
nos projets juteux.

A tous ces regrets,
merci de continuer à nourrir mon imagination !

l’Os


Sous un crâne protubérant
exaspérant certains quartiers.
Sans vertèbre, sans dent,
faisant craquer les jointures
de ses mains dessinant en stiple
flux urbain et artères multiples,
un corset féroce et véloce,
la ville est d’os.